Faire de l’innovation le moteur de la conduite du changement

« L’évolution est créatrice comme le disait Henri Bergson, ou plutôt la créativité est le moteur de l’évolution » E. Morin
La problématique du changement à laquelle les entreprises sont confrontées sous la poussée de l’explosion des savoirs est similaire à celle de la société dans son ensemble. Nous nous trouvons, en effet, face à des enjeux sociétaux sans commune mesure avec ceux jusqu’alors rencontrés. Notre planète maltraitée ne pourra plus durablement tolérer des modes production et de consommation aussi peu respectueux de ses équilibres. L’homme qui prétendait maîtriser la nature va devoir composer avec elle sous peine de voir s’écrouler une bonne partie de ce qu’il a construit. Ces changements reposent autant sur les innovations qui nous permettront de relever ces nouveaux défis qu’à l’évolution des postures mentales, des compétences et, en final, de nos organisations qui rendront leurs usages possibles (et donc pertinents).

Nous avons à différentes reprises expliqué le lien systémique entre l’innovation et l’organisation, particulièrement prégnants pour l’innovation de rupture : plus une innovation sera en rupture plus elle requerra des conditions organisationnelles spécifiques à son développement. Une innovation de rupture réussie va donc entrainer des évolutions organisationnelles plus ou moins importantes. Ces évolutions organisationnelles vont en retour ouvrir la porte à de nouveaux possibles. Ainsi, au lieu de mettre en avant (ou imposer) des évolutions organisationnelles rendues nécessaires par les nouvelles exigences du marché, on peut aborder cette réflexion par le prisme de l’innovation de rupture. Elle conduira automatiquement au questionnement de l’organisation en place. En cette occurrence, on va au moins autant chercher à capitalise sur le processus sous jacent à l’innovation de rupture que sur l’innovation en tant que telle (car cette dernière doit, bien évidemment, avoir un vrai intérêt pour l’organisation). Le compromis autour des évolutions organisationnelles envisagées peut alors s’effectuer autour de celles rendues nécessaires par la mise en œuvre de l’innovation. Là encore il est important que le chemin ne soit pas tracé mais qu’il se dessine à partir d’une exploration collective. Nous retrouvons, dans cette seconde acception, tout le sens de la formule prêtée à Goethe : « le but c’est le chemin ». S’engager dans l’innovation de rupture c’est s’aventurer dans un chemin incertain en prenant un certain nombre de risques… le plus possibles calculés. C’est aussi s’exposer à être surpris par ce que l’on va découvrir : « on cherche l’Inde et on trouve l’Amérique ». D’une certaine façon, on conduit autant l’innovation qu’elle nous conduit. Dans nos sociétés où nous prétendons tout maîtriser, cette expression peut paraître un peu provocante, voire aberrante. Elle l’est pourtant à dessein, car le propre de l’innovation de rupture est de nous emmener vers un ailleurs « pas entièrement déductible » de l’existant.

Pour en savoir plus sur le changement : les changements de type 1 et de type 2

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